Le matassin est un danseur comique, un bouffon parodiant les danses guerrières à la Renaissance. C’est aussi, comme le rapporte Rabelais, un acteur des naumachies, ces simulacres de batailles navales qu’il rejoue sans cesse, mais de travers. En choisissant de nommer « matassins » ses figures sous capirote à sequins, Romuald Jandolo réveille un symbole traversé par des usages historiques hétérogènes, tendu entre l’exposition publique et l’anonymat. Durant l’Inquisition, la capirote peut être imposée aux condamnés lors des autodafés comme signe d’infamie aux yeux de tous. Cette forme a été reprise, jusqu’à aujourd’hui, par les pénitents des confréries espagnoles, en particulier lors des processions de la Semaine sainte. Ailleurs, cette coiffe conique a aussi pu être associée au savoir ou à l’occulte (magicien, astrologue, alchimiste). Et, à partir du début du XXe siècle américain, elle est réappropriée par l’idéologie suprémaciste du Ku Klux Klan (du grec kuklos, le cercle).
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