Nina Mae Fowler
Celluloid Studio
Quand je regarde les photographies des stars de l'âge d'or d'Hollywood prises par des papazazzi dans des
moments de déclin ou d'humiliation, je pense à des fresques religieuses abîmées par des fidèles maladroits.
Malmené, le Christ ressemble à un singe et la Vierge Marie à une candidate de téléréalité. Ces fresques abîmées
(tout comme les images crues des célébrités) consternent leurs admirateurs, car chacun sait que ce n'est pas à
ça que le Christ, Marie ou Judy Garland doivent ressembler, si nous voulons pouvoir projeter nos rêves sur eux.
J’ai compris cela en visitant cette exposition. En observant l'œuvre de Nina Mae Fowler, j'ai compris que ce qui
m'avait émue, c'était sa restauration minutieuse de ces figures sacrées profanées par d’autres. C'est là le cœur
du travail de Fowler : son crayon détecte l'essence même de la personne, celle qui a toujours été là, l'âme
authentique qui subsiste aux difficultés de la vie. Si les couvertures du National Enquirer dépeignent une sorte
de « syndrome d'enfermement », Nina Mae Fowler en est la traductrice. Avec un crayon et une feuille de papier,
elle éclaircit les voix altérées par la Dexedrine prescrite dans l'enfance, par l'alcool consommé pour lutter contre
le trac, ou par le poids des contrats imposés par les studios. Elle parle aussi bien pour les personnes
représentées que pour elle-même ; son œuvre est à la fois biographique et autobiographique. Craignez-vous
de devenir fou ? De l'avoir déjà été ? D'être désormais domestiqué, mais qu'existe dans votre esprit une trappe
par laquelle vous pourriez de nouveau tomber ? C'est le cas de l'artiste, tout comme de son spectateur idéal........
Emma Forest
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