Critique : Réalisateur éclectique, Guillaume Nicloux aime passer du drame à la comédie, du film historique au polar. Un genre dans lequel il excelle et qu’il se délecte à porter aux confins de l’horreur.
Romy (Pom Klementieff) est une dic-jockey parisienne renommée. Elle vient d’être sollicitée pour animer la saison d’un club de vacances situé sur l’île Gran Canaria. Elle propose à son amie Chloé (Freya Mayor) de l’accompagner, lui assurant que ce séjour hors du commun lui permettra d’oublier ses récents déboires amoureux. Doux euphémisme pour dérouler la spirale d’un voyage en enfer.

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Tout semble pourtant réuni pour voir se profiler des vacances apaisantes. Farniente au bord de la piscine, baignades en mer, rencontres variées et improbables avec des estivants dont le profil annonce pourtant déjà la distorsion du récit. Ultime instant magique avec cette promenade au pied du Roque Nublo, un imposant monolithe de pierre, emblème de l’île et connu du monde entier. Le soir venu, la DJ anime la soirée au Caserio, tandis que Chloé jette son dévolu sur un garçon qui lui plaît bien. Mais le lendemain, elle ne rentre pas et son téléphone reste silencieux. Romy confie son inquiétude à Vincent (Benoît Magimel), le patron du club. Installé depuis longtemps sur l’île, il en connaît les recoins et secrets. Leur relation, à mi-chemin entre inquiétude et vulnérabilité, offre une respiration indispensable à une situation de plus en plus oppressante.
Car désormais se met en place une enquête policière qui se transforme progressivement en cauchemar et ne nous épargne rien. Les couleurs chaudes des plages dorées et le bleu de la mer laissent place aux paysages désertiques, composés de roches grises et rugueuses. L’ambiance se perd dans des couloirs souterrains inhospitaliers, tandis que surgissent ici et là animaux peu avenants et personnages aux méthodes plus que contestables. Errements, pistages et prémonitions resserrent savamment les fils d’une toile d’araignée dont il devient de plus en difficile de s’évader. Omniprésente, la musique techno d’Irène Drésel et Sizo Del Givry déverse son rythme percutant et ses pulsations lancinantes pour maintenir un équilibre audacieux entre suspense et conflits psychologiques, jusqu’à faire vaciller la réalité.

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Sous les traits de Romy, DJ chic et choc, Pom Klementieff qui a fait les beaux jours des studios Marvel et que l’on a pu voir dans la franchise Mission : Impossible est une belle découverte. Déterminée, jamais vaincue, elle prête son énergie et sa vivacité à cette héroïne en tension permanente. Sa force de caractère s’oppose à l’apparente sérénité d’un Benoît Magimel parfaitement à l’aise dans ce rôle tout en ambiguïté. À la fois inquiétant et protecteur, il dégage un charme magnétique qui capte l’attention.
Prenant un malin plaisir à porter ce qui s’annonçait comme un polar teinté d’une histoire d’amour aux limites du fantastique, Guillaume Nicloux confirme son talent à s’emparer avec succès de tous les genres cinématographiques.













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