Le goût de la matière noire
le, ça déborde, ça suinte et ça rampe. Il est question de contagion, de ramification, de viralité. De temps qui défile.
Nous voilà face à un monde qui semble être inconnu mais qui n'est que le nôtre. Un paysage dont on reconnaît les
contours.
Bien sûr, on pense aux êtres hybrides et aux figures fantastiques de la fin du Moyen Âge. On pense aux bouches de l'Enfer, aux créatures démoniaques et aux fosses ardentes. On comprend le macabre et le terrifiant, on présume que les songes et les hallucinations ne sont pas bien loin.
C'est un dessin qui se regarde cent fois parce qu'il est toujours possible d'y débusquer autre chose. Des crapauds couronnés d'or, des hybrides flottants, des excroissances anthropomorphes, des maisons dont on sait bien qu'elles sont hantées et des papillons qui n'échappent pas au feu.
Hello Kids…, 2025
C'est une prolifération fantastique de nuages toxiques et
d'arcs-en-ciel dont il faudra se méfier. C'est à la fois exubérant et frontal, crypté et limpide. C'est souvent inquiétant et drôle. Absurde et complexe.
On sent le désordre et la ruine, le grotesque et la satire qui s'entremêlent. Il y a la vie encore et la mort qui s'approche.
On pense à Matthias Grünewald et Jérôme Bosch, on se souvient d'Herri met de Bles et Jan Mandyn et toute cette imagerie particulière. On se place face au dessin monumental de Winshluss. C'est une image du monde et il est infernal.
On prend une respiration et on observe au-delà de la couleur. Au delà du sucré apparent, au delà des repaires de l'enfance qui parfois nous consolent. On s'avance et nos corps se raidissent.
Il faut accep
Carine Roma-Clément
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