Chechu Álava
The Hall of Mirrors
Comment montrer son engagement, féministe et sociétal, lorsqu’on fait de la peinture ?
Comment témoigner de son ressenti face au quotidien, lorsqu’on s’inscrit autant dans
l’histoire de l’art et qu’on dialogue avec les maîtres du passé ? C’est ce que Chechu Álava
soumet, sans l’imposer, pour sa deuxième exposition personnelle à la galerie Xippas de
Paris.
Contact presse
Olga Ogorodova
press@xippas.com
+33 (0)1 40 27 05 55
Avec une facture qu’elle a développée depuis près de vingt ans, sorte de réalisme
onirique que l’artiste se défit de rapprocher de trop de romantisme ou de symbolisme,
Chechu Álava s’est fait majoritairement connaître par des représentations de corps
de femmes. Si elle a souvent répondu qu’elle pouvait employer, par facilité, sa propre
enveloppe, ce modèle s’inscrit également dans les archétypes intemporels. Tout
comme cette nouvelle toile, Dark Night, figure de proue de l’exposition, qui à partir
d’une Marie Madeleine noue le lien avec l’un de ses tableaux préférés, la Magdalena
pénitente, de Juan Carreño de Mirande, exposée au Musée Bellas Artes de Asturias, sa
région natale, tout en conduisant la réflexion sur cet injuste destin. Certains le savent,
Marie de Magdala fut cette femme érudite et cultivée qui siégea dans l’entourage du
Christ. Le treizième apôtre aurait-on même suggéré… Conseillère, prêtresse, peut-être
guérisseuse, les mauvaises traductions et les lectures machistes en feront, au cours
des siècles, une sorcière, une prostituée, une infidèle… Son propre tableau, à l’érotisme
immédiat donné par cette délicate douceur de peau et cette nudité attrayante, s’inscrit
aussi dans une spiritualité plus élevée et un mystère où chacun peut projeter ses interprétations
ou fantasmes personnels.
D’autres pièces, plus petites ou à la verticalité du format téléphone, témoignent de la
présence de la plasticienne face au monde ou aux réseaux sociaux. S’interrogeant
sur la promiscuité d’apparition entre les tuttos de maquillage et les enfants mutilés
par les différents conflits, elle s’est emparée ici de cette réalité tragique et ces futilités
chronophages qui habitent tristement notre quotidien. Par des tonalités aux dégradés
gracieux, parfois relevés d’or ou d’une couleur presque fluo et sa touche subtilement
flouttée, elle en a retiré la narration immédiate, faisant oublier le médium d’origine. « Je
souhaite, précise-t-elle, que ces œuvres soient des peintures qui parlent de peinture
et soient connectées à mon métier. » Car Chechu Álava s’inscrit réellement dans une
tradition et une famille picturale, qui va de Léonard de Vinci à Giotto, de Francisco de
Goya à Diego Velázquez, et bien évidemment à toutes ces créatrices à qui elle rend
hommage indirectement, telles que Sofonisba Anguissola, María Blanchard, Artemisia
Gentileschi, Marie Laurencin, Paula Modersohn-Becker, Alice Neel ou Suzanne Valadon.
Rappelant qu’à son arrivée à Paris en 2001, à l’époque où la peinture était mal aimée, le
Louvre fut son refuge. « Je conçois mon existence entre l’histoire de l’art et la vie, entre
internet et les musées », précise-t-elle encore. Tandis que ses débuts étaient emprunts
d’expressionisme à la Willem De Kooning, sa facture tendre, presqu’onctueuse s’est
invitée naturellement, accompagnant sa conception de la sensualité. « La peinture
doit être érotique, non dans l’image, mais dans la sensation qu’elle provoque », conclut
Chechu Álava. Elle a cherché à figurer la peau, le souffle, l’air… et a réussi la prouesse
de le faire physiquement ressentir. Une forme de mystère s’est imposée à elle, sans
intention et elle l’a accepté… laissant la peinture parler, avec force et empathie,
d’individualité et de collectif.
Marie Maertens
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