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Sortie n° 23801601, créée le 27 04 2026
 
Chechu Álava
Sponsor
Organisateur
Date de la sortie
Heure de début
Mardi 28 Avril 2026

Inscriptions & désinscriptions jusqu'à :
09:45 (du matin) (H-6)
15:45
Descriptif de la sortie
Sortie gratuite 

 

Chechu Álava

 

The Hall of Mirrors

 

Comment montrer son engagement, féministe et sociétal, lorsqu’on fait de la peinture ?

Comment témoigner de son ressenti face au quotidien, lorsqu’on s’inscrit autant dans

l’histoire de l’art et qu’on dialogue avec les maîtres du passé ? C’est ce que Chechu Álava

soumet, sans l’imposer, pour sa deuxième exposition personnelle à la galerie Xippas de

Paris.

Contact presse

Olga Ogorodova

press@xippas.com

+33 (0)1 40 27 05 55

Avec une facture qu’elle a développée depuis près de vingt ans, sorte de réalisme

onirique que l’artiste se défit de rapprocher de trop de romantisme ou de symbolisme,

Chechu Álava s’est fait majoritairement connaître par des représentations de corps

de femmes. Si elle a souvent répondu qu’elle pouvait employer, par facilité, sa propre

enveloppe, ce modèle s’inscrit également dans les archétypes intemporels. Tout

comme cette nouvelle toile, Dark Night, figure de proue de l’exposition, qui à partir

d’une Marie Madeleine noue le lien avec l’un de ses tableaux préférés, la Magdalena

pénitente, de Juan Carreño de Mirande, exposée au Musée Bellas Artes de Asturias, sa

région natale, tout en conduisant la réflexion sur cet injuste destin. Certains le savent,

Marie de Magdala fut cette femme érudite et cultivée qui siégea dans l’entourage du

Christ. Le treizième apôtre aurait-on même suggéré… Conseillère, prêtresse, peut-être

guérisseuse, les mauvaises traductions et les lectures machistes en feront, au cours

des siècles, une sorcière, une prostituée, une infidèle… Son propre tableau, à l’érotisme

immédiat donné par cette délicate douceur de peau et cette nudité attrayante, s’inscrit

 

aussi dans une spiritualité plus élevée et un mystère où chacun peut projeter ses interprétations

ou fantasmes personnels.

D’autres pièces, plus petites ou à la verticalité du format téléphone, témoignent de la

présence de la plasticienne face au monde ou aux réseaux sociaux. S’interrogeant

sur la promiscuité d’apparition entre les tuttos de maquillage et les enfants mutilés

par les différents conflits, elle s’est emparée ici de cette réalité tragique et ces futilités

chronophages qui habitent tristement notre quotidien. Par des tonalités aux dégradés

gracieux, parfois relevés d’or ou d’une couleur presque fluo et sa touche subtilement

flouttée, elle en a retiré la narration immédiate, faisant oublier le médium d’origine. « Je

souhaite, précise-t-elle, que ces œuvres soient des peintures qui parlent de peinture

et soient connectées à mon métier. » Car Chechu Álava s’inscrit réellement dans une

tradition et une famille picturale, qui va de Léonard de Vinci à Giotto, de Francisco de

Goya à Diego Velázquez, et bien évidemment à toutes ces créatrices à qui elle rend

hommage indirectement, telles que Sofonisba Anguissola, María Blanchard, Artemisia

Gentileschi, Marie Laurencin, Paula Modersohn-Becker, Alice Neel ou Suzanne Valadon.

Rappelant qu’à son arrivée à Paris en 2001, à l’époque où la peinture était mal aimée, le

Louvre fut son refuge. « Je conçois mon existence entre l’histoire de l’art et la vie, entre

internet et les musées », précise-t-elle encore. Tandis que ses débuts étaient emprunts

d’expressionisme à la Willem De Kooning, sa facture tendre, presqu’onctueuse s’est

invitée naturellement, accompagnant sa conception de la sensualité. « La peinture

doit être érotique, non dans l’image, mais dans la sensation qu’elle provoque », conclut

Chechu Álava. Elle a cherché à figurer la peau, le souffle, l’air… et a réussi la prouesse

de le faire physiquement ressentir. Une forme de mystère s’est imposée à elle, sans

intention et elle l’a accepté… laissant la peinture parler, avec force et empathie,

d’individualité et de collectif.

Marie Maertens

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