alain bublex,
vousfaitesdescartespostales?
Pour alain bublex, rien n’est jamais
arrêté. Alors se retourner sur son œuvre,
c’est regarder vers des futurs qui
n’atterrissent jamais. L’exposition est une
dérive dans des villes imaginaires que
l’on observe par différents prismes. Dans
la galerie retournée comme une
chaussette et revenue à l’un de ses états
d’aménagement antérieurs, le visiteur
entre par le Pavillon des points de vue,
Quoddy Mamco, 2023
un belvédère créé par Bublex pour le chantier de La Défense, exceptionnellement
installé devant celui de ses recherches.
Certains passent les murailles. Lui nous propose de passer à travers les images,
celled’unpaysage,PassamaquoddyBayNorthshore,àlafrontièreduCanadaetdes
États-Unis – le vrai lieu de Glooscap. La matrice est un rideau de théâtre. À la
préhistoire de l’œuvre, il y a Glooscap et ses ombres, l’hypothèse d’une ville inspirée
de la côte Nord du Canada. Depuis 1992, elle donne lieu à un ensemble de
variations en trompe-l’œil sous des formes aussi diverses que la fresque, la maquette
d’architecture, la carte postale ou les fantômes – chez bublex, le fantôme est un genre
de la peinture. Les hypothèses les plus récentes de Glooscap ont été formulées pour
l’exposition. C’était Sim City avant l’heure. Rem Koolhaas aurait écrit « Delirious
Glooscap ».
Comme des cartes postales, il y a des images qui filent dans l’exposition. Elles la
jalonnent. Telle l’Aérofiat qui véhicule son étrangeté, l’œuvre de bublex ressemble à
un dessin vectoriel à l’échelle de son univers, réminiscence de ses créations de
designer et d’ingénieur sur l’île Seguin pour les automobiles Renault. Les ombres ont
un devenir diagramme, les diagrammes se déplient comme des fleurs dans une tasse
de thé.
anaël pigeat
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