À travers cette série inédite, Sebastien J. Zanella propose une œuvre profondément introspective, née d’un déplacement autant intérieur que géographique. Réalisé au fil d’un long voyage allant de la Turquie au Sahara, en passant par les îles hawaïennes, puis à travers l’Amérique latine jusqu’à son retour dans les îles Canaries, où il réside, « The Passenger » s’inscrit dans une réflexion sensible sur notre manière d’habiter le monde, de le percevoir et de nous y relier.
Depuis plusieurs années, le travail de Sebastien J. Zanella explore les notions de mouvement, de mémoire et de présence. Avec « The Passenger », son regard évolue vers une approche plus méditative, où l’image devient un espace de suspension et de résonance intérieure. Cette démarche s’inscrit dans une filiation élargie avec certains gestes artistiques du XXe siècle, où l’acte de création devient avant tout une expérience physique et mentale du monde, à l’image des recherches de Jackson Pollock, pour qui le mouvement, le corps et le geste engageaient déjà une forme de traduction directe de l’intériorité.
Dix ans après sa première exposition à la galerie, Polka accueille de nouveau Matt Henry avec « Palm », une série construite autour de la figure du palmier. Le photographe gallois de 48 ans rend hommage à la plus célèbre des plantes tropicales, en en faisant l’instrument d’une étonnante analyse socio-politique.
100 ans après les premiers voyages des photographes explorateurs autour de la Méditerranée, où les palmiers participent de tout un imaginaire fantasmé, voici qu’ils ressurgissent dans les années 1960 revisitées par Matt Henry. Les aventures orientalistes sont déjà loin. Une révolution industrielle et deux guerres mondiales sont passées par là. La photographie ressuscite en couleur et Kodak s’installe dans tous les foyers. Le palmier, ce vieux frère hier symbole du sublime exotique, façonné par les fantasmes d’abondance tropicale, resurgit dans l’imaginaire triomphant de l’après seconde Guerre Mondiale, cette fois-ci en plein cœur de l’Occident.
Fasciné par la la culture et la contreculture américaines des années 1960 et 1970, Matt Henry travaille depuis dix ans sur des « short-stories », des fictions photographiques. « Palm » en réunit trois, dans une sorte d’essai photographique où le palmier fait figure de prisme analytique.
Pour cette nouvelle exposition, la galerie a le plaisir de présenter le cinéma de William Klein, à l’occasion d’un accrochage inédit consacré à son œuvre filmique. Photographe majeur du XXe siècle, William Klein occupe une place à part dans l’histoire de l’image. Son travail dépasse les frontières de l’image fixe pour inventer une écriture visuelle radicale, fondée sur le mouvement, la tension et l’énergie du réel. Dès ses débuts, Klein impose une approche directe, frontale, provocatrice, presque physique. Il ne se contente pas de cadrer le monde : il le met en scène.
« Quiconque prétend être objectif n’est pas réaliste. » Pour William Klein, il n’y a pas de vérité qui tienne. Seules comptent la relativité des choses vues et la radicalité du regard. Né en 1926 à New York et décédé en 2022 à Paris, William Klein a tout au long de sa vie été un créateur et un observateur averti et impertinent. L’Américain expatrié est un artiste visuel complet : photographe, peintre, plasticien, graphiste et réalisateur. Adepte d’un cinéma direct, il a réalisé plus d’une vingtaine de courts, moyens et longs métrages, fictions et documentaires confondus entre 1958 et 2005.
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